Mon existence est à peine perceptible, je sais. Il m’arrive de faire beaucoup de bruit quand même. C’est fait avec toute la maladresse et l’espoir que j’ai. La plupart du temps, ça me fatigue. Fabriquer des images, c’est la chose la plus conne du monde. Je sais, on en fabrique de toute façon.
Je n’ai jamais rien eu contre demander à une fille si elle veut me sucer pour engager la conversation. Avec les garçons, ce n'est pas la peine de demander.
Je tombe. Je suis forcément échoué quelque part. Même si je ne comprends toujours pas où.
La solitude de quelqu’un qui écrit, elle est forcément délirante. C’est la force du truc aussi, cette âpreté malade. Il n’empêche qu’on devrait tous dire aux gens d’arrêter d’écrire parce que…
Je ne comprends toujours pas où. C’est pour ça que je fais du bruit, je crois, pour finir par le savoir.
Il fut un temps où écrire, c’était un plaisir immense pour moi, avant que ça ne devienne une corvée technique.
Je ne sais pas si… Non, rien.
Mon existence est à peine perceptible. Je ne peux pas dire que ce soit d’une grande importance, que mon existence soit à peine perceptible. Je ne vois pas quoi en dire. Je remarque quand même le mot peine là-dedans, c’est tout.
J’ai déjà arrêté de penser et de faire du bruit. C’est une des, je ne sais pas combien il y en a, 40, plus peut-être, méditations bouddhistes. Je sais faire ça. Et la respiration, le pranayama, je sais faire ça aussi. Je précise que je fais exprès de dire « je sais faire ».
Je devrais tomber amoureux, ça me ferait des trucs à raconter, c’est la seule raison de tomber amoureux de toute façon, les autres raisons sont déraisonnables.
Je ne fais pas de différence fondamentale entre les êtres humains et les autres mammifères. Le langage et ce qui en découle, la pensée, le bien, la loi, la justice ou l’art, ce ne sont jamais que des choses annexes et superficielles dans une existence. Je ne dis pas que ce n’est rien. Il se trouve que toute la vie d’un être humain se constitue de choses annexes et superficielles, c’est tout.
Je dois être la seule personne au monde à trouver magnifique de dire salope et chienne à quelqu’un que je prends et à avoir les larmes aux yeux. Je ne dois pas être le seul, par contre, à trouver aussi magnifique de ne pas le dire.
C’est marrant qu’on ne comprenne jamais mon sens de l’humour, pourtant je ris avec pratiquement tout ce que je fais. Même mon sens de l’humour est imperceptible donc.
Il y a un moment où je ne suis pas une vache à lait de l’écriture, désolé, je m’épuise aussi.
Non, ce n’est pas vrai, toutes les phrases de ce texte ne commencent pas par je, celle-ci par exemple commence par non.
Je fais beaucoup de bruit, je parle fort des fois pour impressionner des gens, je me tiens droit aussi, et je soutiens toujours les regards, jusqu’à ce que l’autre cède, je prends souvent l’air très dur et je suis ironique la plupart du temps. Je ne sais pas si c’est insupportable ou très touchant.
Mon existence est à peine perceptible et il faut bien que je m’y retrouve.
Je n’ai jamais rien eu contre demander à une fille si elle veut me sucer pour engager la conversation. Avec les garçons, ce n'est pas la peine de demander.
Je tombe. Je suis forcément échoué quelque part. Même si je ne comprends toujours pas où.
La solitude de quelqu’un qui écrit, elle est forcément délirante. C’est la force du truc aussi, cette âpreté malade. Il n’empêche qu’on devrait tous dire aux gens d’arrêter d’écrire parce que…
Je ne comprends toujours pas où. C’est pour ça que je fais du bruit, je crois, pour finir par le savoir.
Il fut un temps où écrire, c’était un plaisir immense pour moi, avant que ça ne devienne une corvée technique.
Je ne sais pas si… Non, rien.
Mon existence est à peine perceptible. Je ne peux pas dire que ce soit d’une grande importance, que mon existence soit à peine perceptible. Je ne vois pas quoi en dire. Je remarque quand même le mot peine là-dedans, c’est tout.
J’ai déjà arrêté de penser et de faire du bruit. C’est une des, je ne sais pas combien il y en a, 40, plus peut-être, méditations bouddhistes. Je sais faire ça. Et la respiration, le pranayama, je sais faire ça aussi. Je précise que je fais exprès de dire « je sais faire ».
Je devrais tomber amoureux, ça me ferait des trucs à raconter, c’est la seule raison de tomber amoureux de toute façon, les autres raisons sont déraisonnables.
Je ne fais pas de différence fondamentale entre les êtres humains et les autres mammifères. Le langage et ce qui en découle, la pensée, le bien, la loi, la justice ou l’art, ce ne sont jamais que des choses annexes et superficielles dans une existence. Je ne dis pas que ce n’est rien. Il se trouve que toute la vie d’un être humain se constitue de choses annexes et superficielles, c’est tout.
Je dois être la seule personne au monde à trouver magnifique de dire salope et chienne à quelqu’un que je prends et à avoir les larmes aux yeux. Je ne dois pas être le seul, par contre, à trouver aussi magnifique de ne pas le dire.
C’est marrant qu’on ne comprenne jamais mon sens de l’humour, pourtant je ris avec pratiquement tout ce que je fais. Même mon sens de l’humour est imperceptible donc.
Il y a un moment où je ne suis pas une vache à lait de l’écriture, désolé, je m’épuise aussi.
Non, ce n’est pas vrai, toutes les phrases de ce texte ne commencent pas par je, celle-ci par exemple commence par non.
Je fais beaucoup de bruit, je parle fort des fois pour impressionner des gens, je me tiens droit aussi, et je soutiens toujours les regards, jusqu’à ce que l’autre cède, je prends souvent l’air très dur et je suis ironique la plupart du temps. Je ne sais pas si c’est insupportable ou très touchant.
Mon existence est à peine perceptible et il faut bien que je m’y retrouve.