Essai #3 : la jouissance

Publié le par claude pérès

  Voilà, qu’on désire quelque chose dont on manque, c’est comme ça que c’est fait, qu’on ne désire plus quelque chose quand on l’a, je ne vois même pas en quoi cela poserait un problème. Ce qui pose un problème, ce n’est pas tant que l’on ait ou que l’on ait pas quelque chose, c’est qu’on se construit dans une logique du manque, que ce qu’on est, c’est ce dont on manque, c’est ce qu’on manque. Par exemple, on pourrait jouir de ce qu’on a, ce serait possible, on pourrait se construire dans une économie de la jouissance, ce n’est pas quelque chose de délirant, ça, moins que le désir en tout cas… ce n’est pas pour dire, mais quand même. En étant quelqu’un, et non quelqu’un d’autre et en étant quelqu’un d’autre que quelqu’un, on se construit dans le manque de soi et de l’autre, dans le désir et non dans la jouissance. Lacan parle du désir, Deleuze parle du désir, oui d’accord, une société de consommation, ce n’est jamais que du désir, le narcissisme, le monde des images, ce n’est que ça, du désir, à vide, avide, oui, bien sûr, oui. On est quelqu’un parce qu’on n’est pas tout le monde, une personne précise qui désire quelque chose de précis pour s’inscrire dans la foule et y échapper, oui, j’ai expliqué tout ça dans un autre blog, et surtout dans mes bouquins, oui. On peut passer sa vie à se passer à côté, oui, je sais. Mais la jouissance par exemple, ce qui fait qu’on ne manque de rien, qu’on ne court pas après ce qu’on n’est pas et ce qu’on n’a pas, le manque, ce n’est pas rien, ça. Enfin bon… 
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Publié dans moods

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