Essai #6 : les images #2
Ça m’énerve à la fin de voir les gens se démener pour ressembler à quelque chose, pour être intelligents ou beaux ou riches ou aimés ou je ne sais pas quoi encore. Cette manie de courir après les images et les idéaux. Ce n’est pas possible quand même de s’imposer l’humiliation, la frustration de ne jamais être à la hauteur, de s’en prendre à soi et de ne jamais s’en prendre à la hauteur. C’est la hauteur qu’on vise qui ne va pas, merde. Ce que j’aime chez les gens, ce n’est pas ce qu’ils disent, ce qu’ils disent, je ne l’écoute pas de toutes façons, non, ni ce à quoi ils ressemblent, non, ce que j’aime, c’est derrière tout ça, qui ne sont jamais que des apparences qu’ils contrôlent, avec lesquels ils jouent pour croire être quelqu’un, c’est… et là évidemment ça n’a pas de nom, c’est ce dont ces apparences sont la forme, mais la forme on s’en fout, la forme on s’en fout, la forme on s’en fout, merde, putain, c’est… ce truc qui n’a pas de forme, qui ne ressemble à rien, qu’on appelle ça substance, âme, relief, humanité, peur, espoir, fragilité, courage, blablabla… Ça, ce truc auquel on a rarement accès, ce truc pollué par toutes les apparences que ça prend, dans lesquels il se prend, ce truc-là, ça. Alors évidemment, ce truc-là, ça ne sort pas de nulle part, ça répond aux images, de l’autre, du monde, de soi, mais ça y échappe, forcément ça y échappe, j’en suis sûr. Il faut voir comment, c’est tout. Bon, j’y reviendrai.
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